Gloire à l’Éternel
L’Éternel s’est réjoui de voir ses enfants s’approcher de Lui avec humilité dans cette période spéciale de 40 jours de jeûne et de prière que nous venons de vivre depuis le 1er Juillet au 10 Août 2025 d’intime communion avec Lui. Quelles bénédictions de prendre un moment comme celui-ci seulement pour l’intime communion avec le Père ! Vous tous qui avez mis à part cette période pour renforcer notre connexion avec le ciel, vous êtes bénis.
D’ici quelques temps, nous allons entrer dans le 7ème Millénaire, le Sabbat de l’Éternel pour toute la terre. Les jours de souffrance et de combat entre le mal et le bien touchent à leur fin.
Les paroles de Dieu que nous trouvons dans le livre d’Ésaïe 66 :23-24 vont s’accomplir sous nos yeux dans ce 7ème Millénaire. Il est dit :
« 23 A chaque nouvelle lune et à chaque sabbat, toute chair viendra se prosterner devant moi, dit l’Éternel. 24 Et quand on sortira, on verra les cadavres des hommes qui se sont rebellés contre moi; car leur ver ne mourra point, et leur feu ne s’éteindra point; et ils seront pour toute chair un objet d’horreur. »
Les Chrétiens ont du mal à distinguer le monde du 7ème Millénaire qui est le sabbat de toute la terre, et le monde de la nouvelle terre après la purification de ce monde et la destruction de Satan avec les siens.
Nous allons dégager quelques lignes principales de distinctions entre ces deux mondes afin d’enlever la confusion de beaucoup de chrétiens.
A. Commençons par l’état de ce monde après la destruction de Satan et les siens (la nouvelle terre):
B. Dans le 7ème Millénaire, le Sabbat de toute la terre :
A Dieu la gloire, les honneurs et la puissance, aujourd’hui et à jamais, Amen, Amen, Amen !
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La prière au nom de tous les enfants de Dieu dans le monde
L’Éternel notre Dieu le Tout Puissant ; Merci pour tous tes bienfaits, merci pour cette période merveilleuse de jeûne et de prière, merci d’exaucer toutes nos demandes, merci de recevoir favorablement nos actions de grâce. Merci Père, car nous sommes aujourd’hui dans la période finale de ce monde là où tu vas manifester ta gloire comme tu l’as fait autrefois devant Pharaon, la mer rouge et au désert en faveur des Israélites. Père, ne permets jamais que l’homme devienne Dieu sur la terre. Ne permets jamais que ses plans d’éliminer sur la terre son semblable que tu as créé à ton image arrive au bout. Les méchants ont tendu un piège dans lequel ils ont planifié de jeter l’homme afin d’avoir sur la terre non pas l’homme que tu as créé mais l’homme qu’eux seulement désirent ! C’est catastrophique. Arrête Père, arrête ces plans sataniques. Il est temps aujourd’hui de manifester ta gloire comme tu l’as fait chef Pharaon. Merci Père, d’exaucer notre prière. Merci Père, car tu es notre unique Défenseur et Libérateur ! Aujourd’hui, nous tes enfants qui reconnaissons tous ces bienfaits, sois notre soutien pour toujours, sois notre conseiller, notre lumière, notre guide. Ne permets jamais que nous soyons dans leur filet tendu pour assassiner. Père, le monde est corrompu, les fléaux, les maladies, les guerres, les maux de toutes sortes, voilà ce qui constituent notre monde. C’est pourquoi, nous te disons que ton règne vienne. C’est par ton règne que le mal disparaitra. Que ta seule volonté s’accomplisse sur la terre comme au ciel. Au nom de Jésus, Amen !
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L’ALLIANCE ÉTERNELLE
« Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez point comme sages, c’est qu’une partie d’Israël est tombée dans l’endurcissement, jusqu’à ce que la totalité des païens soit entrée. Et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu’il est écrit: Le libérateur viendra de Sion, et il détournera de Jacob les impiétés; et ce sera mon alliance avec eux, lorsque j’ôterai leurs péchés. En ce qui concerne l’Évangile, ils sont ennemis à cause de vous; mais en ce qui concerne l’élection, ils sont aimés à cause de leurs pères. Car Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel. » Romains 11: 25-29
Leçon de Lundi, le 19
Janvier 2025
Chapitre 73
Que votre cœur ne se trouble pas
Le Christ Se réjouissait à la pensée qu'Il pourrait faire pour Ses
disciples plus qu'ils n'étaient capables de demander ou même de penser. Il
s'exprimait avec assurance, car Il savait qu'un décret tout puissant avait été
promulgué, des avant la création du monde. Il savait que la vérité, accompagnée
de la toute puissance du Saint-Esprit, remporterait la victoire sur le mal et
que la bannière ensanglantée flotterait triomphalement sur ses disciples. Il
savait que la vie de Ses disciples confiants serait semblable à la sienne : une
série ininterrompue de victoires, non considérées comme telles, ici-bas, mais
dans l'au-delà.
« Je vous ai parlé ainsi, dit-il, pour que vous ayez la paix en moi.
Vous aurez de l'affliction dans le monde; mais prenez courage, moi, j'ai vaincu
le monde. » Le Christ n'a eu ni défaillance ni découragement : Ses disciples
doivent manifester une foi aussi persévérante. Ils doivent vivre comme Il a
vécu et travailler comme Il a travaillé, en comptant sur Lui comme sur leur
Chef suprême. Il leur faut du courage, de l'énergie et de la persévérance pour
s'avancer coûte que coûte, par Sa grâce, même si des obstacles infranchissables
paraissent leur barrer la route; pour surmonter les difficultés, au lieu de les
déplorer; pour espérer contre toute espérance. Le Christ les a attachés au
trône de Dieu par les chaînes d'or de Son amour immaculé. Il veut qu'ils possèdent
la plus puissante influence qui soit dans l'univers, celle qui émane de la
source de la Toute-Puissance. Pour résister au mal, ils disposent d'un pouvoir
que ni la terre, ni la mort, ni l'enfer ne peuvent dominer, et qui les rendra
capables de vaincre comme le Christ a vaincu.
Jésus veut que l'ordre du ciel, le plan du gouvernement céleste, la
divine harmonie soient représentés dans Son Église, sur la terre. Ainsi Il sera
glorifié par Son peuple; ainsi le Soleil de justice brillera, dans le monde, de
l'éclat le plus vif. Le Christ a pourvu Son Église de moyens abondants, en vue
d'obtenir un riche revenu de gloire du domaine qu'Il S'est acquis. Il a accordé
aux Siens des talents et des bienfaits pour qu'ils soient à même de représenter
dignement Celui qui possède toutes les capacités. L'Église, dotée de la justice
du Christ, se trouve être Son dépositaire : en elle doivent paraître, dans leur
plénitude, et se déployer, largement, les richesses de Sa grâce et de Son
amour. Dans la pureté et dans la perfection de Son peuple, le Christ voit la
récompense de Son humiliation, et le complément de Sa gloire. Il reste, Lui, le
grand centre d'où émane toute gloire.
Le Sauveur acheva Ses instructions par des paroles pleines de fermeté et
d'espérance. Ensuite, levant les yeux au ciel, Il répandit Son âme dans une
prière prononcée en faveur de Ses disciples : « Père, l'heure est venue.
Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie, selon que tu lui as donné
pouvoir sur toute chair, afin qu'il donne la vie éternelle à tous ceux que tu
lui as donnés. Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul
vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »
Le Christ avait achevé l'oeuvre qui Lui avait été assignée. Il avait
glorifié Dieu sur la terre. Il avait fait connaître le nom de Son Père. Il
avait recruté ceux qui étaient appelés à continuer Son oeuvre parmi les hommes.
Et il dit : « Je suis glorifié en eux. Je ne suis plus dans le monde; eux sont
dans le monde, et moi je vais à toi. Père saint, garde-les en ton nom que tu
m'as donné, afin qu'ils soient un comme nous. » « Ce n'est pas pour eux
seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur
parole, afin que tous soient un. ... Moi en eux, et toi en moi, afin qu'ils
soient parfaitement un, et que le monde reconnaisse que tu m'as envoyé et que
tu les as aimés, comme tu m'as aimé. »
Par ces paroles qui portent l'empreinte d'une autorité divine, le Christ
remet Ses élus entre les bras de Son Père. Il intercède en faveur de Son
peuple, en qualité de Souverain Sacrificateur consacré. Berger fidèle, Il
rassemble Son troupeau à l'ombre du Tout-Puissant, dans un sûr refuge. Il Lui
reste à livrer encore une bataille contre Satan, et Il s'élance au-devant de
l'ennemi.
Leçon de Mardi, le 20
Janvier 2025
Chapitre 74
Gethsémané
Suivi de ses disciples, le Sauveur s'achemine lentement vers le jardin
de Gethsémané. (Ce chapitre est basé sur Matthieu 26:36-56; Marc 14:32-50; Luc
22:39-53; Jean 18:1-12) La lune est dans son plein; elle resplendit dans un
ciel sans nuage. Les tentes des pèlerins sont plongées dans le silence.
Jésus avait eu, avec Ses disciples, une conversation animée; cependant,
à mesure qu'ils s'approchaient de Gethsémané, Son attitude devenait étrangement
silencieuse. Souvent Il était venu méditer et prier là. En cette nuit où devait
avoir lieu Sa dernière agonie, Il éprouvait une douleur qu'Il n'avait jamais
ressentie. Durant toute Sa vie terrestre, Il avait marché dans la lumière de la
présence divine. Alors qu'Il se trouvait en conflit avec des hommes
qu'inspirait l'esprit de Satan, Il pouvait dire : « Celui qui m'a envoyé est
avec moi; il ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est
agréable. » (Jean 8:29) Mais cette fois Il paraissait privé de la présence
réconfortante de la lumière divine. Il était maintenant compté parmi les transgresseurs.
Il lui fallait porter le poids de la culpabilité de l'humanité déchue.
L'iniquité de nous tous devait reposer sur Celui qui n'avait pas connu le
péché. Le péché lui parait si redoutable, le fardeau de la faute est si lourd,
qu'Il a lieu de craindre de Se trouver, pour toujours, privé de l'amour de Son
Père. Sachant quelle aversion Dieu éprouve pour le péché, Il s'écrie : « Mon
âme est triste jusqu'à la mort. »
En approchant du jardin, les disciples avaient remarqué le changement
soudain qui s'était produit chez le Maître. Ils ne L'avaient encore jamais vu
aussi abattu et silencieux et n'osaient Lui demander la cause de Sa tristesse.
À mesure qu'Il avançait, cette angoisse augmentait. Il chancelait comme s'Il
allait tomber. Les disciples cherchèrent au jardin l'endroit où Il avait
coutume de Se retirer, pensant que le Maître pourrait S'y reposer. Chaque pas
Lui coûtait un effort. Comme accablé par un fardeau écrasant, Il faisait
entendre des gémissements. Par deux fois Ses compagnons durent Le soutenir,
sans quoi il se serait écroulé sur le sol.
À l'entrée du jardin, Jésus laissa tous Ses disciples, à l'exception de
trois, leur recommandant de prier pour eux et pour Lui. Accompagné de Pierre,
Jacques et Jean, Il pénétra dans le lieu le plus retiré. Ces trois disciples,
compagnons les plus intimes du Christ, avaient contemplé Sa gloire sur la
montagne de la transfiguration et vu Moïse et Élie s'entretenant avec Lui; ils
avaient entendu la voix du ciel. Le Christ désirait jouir de leur présence
immédiate pendant Sa grande lutte. Ils avaient souvent passé la nuit avec Lui
dans cette retraite. Après avoir veillé et prié un moment, ils s'endormaient
paisiblement à quelque distance du Maître, et celui-ci les réveillait au matin
pour retourner au travail. Mais cette fois Il désirait qu'ils passassent avec
Lui la nuit en prière, sans cependant vouloir leur imposer la vue de son
agonie.
« Restez-ici, dit-il, et veillez avec moi. »
Il s'éloigna à quelque distance, – pas si loin qu'ils ne pussent le voir
et l'entendre, – et tomba à genoux. Il sentait que le péché Le séparait de Son
Père. L'abîme était si large, si noir, si profond, que Son esprit frissonnait.
Il ne devait pas faire usage de Sa puissance divine pour échapper à cette
agonie. En tant qu'homme Il devait supporter les conséquences du péché de
l'homme; Il devait subir la colère dont Dieu frappe la transgression.
L'attitude du Christ était bien différente de celle qu'Il avait eue
auparavant. Ses souffrances trouvent leur meilleure description dans ces
paroles du prophète : « Épée, lève-toi contre mon berger, contre l'homme dont
j'ai fait mon compagnon, dit l'Éternel des armées! » (Zacharie 13:7) En tant
que substitut et garant de l'homme pécheur, le Christ subissait la justice
divine. Il voyait ce que signifie cette justice. Jusqu'ici Il avait intercédé
pour d'autres; maintenant il eût voulu trouver un intercesseur pour lui-même.
Sentant que son union avec le Père était brisée, le Christ craignait de
ne pouvoir, dans Sa nature humaine, sortir victorieux du conflit avec la
puissance des ténèbres. Au désert de la tentation, la destinée de la race
humaine avait été en jeu et le Christ avait vaincu. Maintenant le tentateur
s'approchait pour la lutte finale, lutte formidable à laquelle Satan s'était
préparé pendant les trois années du ministère du Christ. Tout était en jeu pour
lui. S'il échouait maintenant, tout espoir de domination était perdu pour lui;
les royaumes du monde appartiendraient enfin au Christ; Satan serait renversé
et jeté dehors. Mais s'il pouvait remporter la victoire sur Jésus, la terre
deviendrait son royaume et la race humaine serait pour toujours en son pouvoir.
En pensant aux conséquences possibles de la lutte, le Christ redoutait
une séparation d'avec Dieu. Satan Lui disait que cette séparation serait
éternelle s'Il devenait le garant d'un monde pécheur. Il serait assimilé aux
sujets du royaume de Satan et ne retrouverait plus jamais la communion divine.
Et qu'avait-il à gagner par Son sacrifice? La faute et l'ingratitude des
hommes ne paraissaient-elles pas sans remède? Satan dépeignait au Rédempteur la
situation sous son jour le plus sombre : le peuple qui se croit au-dessus de
tous les autres, à cause de ses avantages temporels et spirituels, L'a rejeté.
Il cherche à Le détruire, Lui qui est le fondement, le centre et le sceau des
promesses faites au peuple particulier. L'un de Ses propres disciples, qui a
écouté Ses instructions, et qui a joué l'un des premiers rôles dans l'Église,
va Le trahir; un autre, des plus zélés, va le renier. Tous L'abandonneront. Le
Christ reculait d'effroi à cette pensée. Que ceux qu'Il S'était efforcé de
sauver et qu'Il avait tant aimés pussent devenir les complices de Satan, Son
âme en était transpercée. La lutte était effroyabLe. La mesure en était donnée
par la culpabilité de Sa nation, de Ses accusateurs et du traître, par la
culpabilité d'un monde plongé dans l'iniquité. Les péchés des hommes pesaient
lourdement sur le Christ, qui se sentait écrasé par le sentiment de la colère
dont Dieu frappe le péché.
Il voit le prix qu'Il doit payer pour l'âme humaine. Dans Son agonie Il
contemple le sol nu, comme pour ne pas s'éloigner davantage de Dieu. La froide
rosée nocturne tombe sur Son corps prosterné sans qu'Il y prête attention. De
Ses lèvres pâles jaillit ce cri plein d'amertume : « Mon Père, s'il est
possible, que cette coupe s'éloigne de moi! » Cependant Il ajoute immédiatement
: « Toutefois, non pas comme je veux, mais comme tu veux. »
Le coeur humain a besoin de sympathie quand il souffre. Le Christ
éprouvait ce besoin dans les profondeurs de Son être. Dans l'agonie suprême de
Son âme Il s'approcha des disciples avec un désir intense de recevoir quelque
parole de consolation de ceux qu'Il avait si souvent réconfortés et protégés au
sein de la douleur et de la détresse. Celui qui, toujours, avait eu, pour eux,
des paroles de sympathie, endurait maintenant une agonie surhumaine, et Il
désirait les voir prier pour Lui et pour eux-mêmes. Combien la malignité du
péché Lui paraissait grande! Il était fortement tenté de laisser la race
humaine porter les conséquences de son propre péché et de garder, Lui, Son
innocence devant Dieu. Si seulement Il Se sentait compris et apprécié par les
disciples, Il en serait fortifié.
S'étant levé péniblement, Il vint, en chancelant, à l'endroit où Il avait laissé Ses compagnons. Mais Il « les trouva endormis ». S'Il les avait vus en prière, cherchant leur refuge en Dieu pour échapper aux influences de Satan, il eût éprouvé un soulagement; la fermeté de leur foi l'eût réconforté. Mais ils n'avaient pas tenu compte de l'avertissement réitéré : « Veillez et priez. » Tout d'abord, fort troublés en voyant leur Maître, d'habitude si calme et si digne, en proie à une douleur incompréhensible, ils avaient prié tandis que leurs oreilles étaient frappées par les cris de l'homme de douleur. Ils n'avaient pas l'intention d'abandonner leur Maître, mais ils semblaient paralysés par une sorte de torpeur qu'ils auraient pu secouer s'ils avaient continué de plaider auprès de Dieu. Ils ne comprirent pas la nécessité de veiller et de prier avec ferveur afin de pouvoir résister à la tentation. Immédiatement avant de Se diriger vers le jardin, Jésus avait dit aux disciples : « Vous trouverez tous une occasion de chute. » Ils avaient assuré avec la dernière énergie, qu'ils étaient prêts à l'accompagner en prison et à la mort. Ce pauvre Pierre, toujours plein de lui-même, avait ajouté : « Quand tous trouveraient une occasion de chute, moi pas. » (Marc 14:27,29) Mais les disciples se fiaient à eux-mêmes; malgré les conseils du Christ, ils ne regardaient pas vers leur puissant soutien. C'est ainsi qu'ils se trouvèrent endormis au moment où le Sauveur avait le plus grand besoin de leur tendresse et de leurs prières. Pierre lui-même dormait! (Leçon de l’École du sabbat du 30 Mars 2025 porte sur le livre “JESUS-CHRIST » d’Ellen G. White)
Leçon de Mercredi, le 21
Janvier 2025
Chapitre 74
Gethsémané
Jean, le disciple bien-aimé, qui s'était appuyé sur le sein de Jésus,
dormait, lui aussi! L'amour que Jean avait pour son Maître aurait dû, pourtant,
le tenir éveillé! À cette heure de douleur suprême il aurait dû joindre ses
ferventes prières à celles de son cher Sauveur. Le Rédempteur avait passé des
nuits entières en prière pour que la foi de Ses disciples n'eût pas à
défaillir. Si Jésus avait maintenant posé cette question à Jacques et à Jean :
« Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire? » ils n'auraient pas osé
répondre : « Nous le pouvons. » (Matthieu 20:22)
Les disciples se réveillèrent en entendant la voix de Jésus, mais c'est
à peine s'ils purent le reconnaître, tant l'angoisse altérait Son visage.
S'adressant à Pierre, Jésus dit : « Simon, tu dors! Tu n'as pas été capable de
veiller seulement une heure! Veillez et priez, afin de ne pas entrer en
tentation; l'esprit est bien disposé, mais la chair est faible. La faiblesse
des disciples éveillait la compassion de Jésus. Il craignait qu'ils ne fussent
pas capables de supporter l'épreuve de la trahison, et Sa mort. Sans leur faire
de reproche, Il leur dit : « Veillez et priez, afin de ne pas entrer en
tentation. » Même dans cette grande agonie, Il cherchait une excuse à leur
faiblesse. « L'esprit est bien disposé, dit-il, mais la chair est faible. » Le
Fils de Dieu fut ressaisi par l'agonie et, défaillant, épuisé, Il retourna, en
chancelant, au point qu'Il venait de quitter. Sa souffrance était encore plus
intense. Son angoisse était telle que « sa sueur devint comme des grumeaux de
sang, qui tombaient à terre ».
Les cyprès et les palmiers étaient les témoins silencieux de Son
angoisse. Leur feuillage laissait tomber une épaisse rosée sur Son corps
exténué comme si la nature pleurait sur Son Auteur, Se débattant seul contre la
puissance des ténèbres.
Peu de temps auparavant, Jésus avait semblé un cèdre puissant, résistant
à l'orage de l'opposition déchaînée contre Lui. Des volontés opiniâtres, des
coeurs pleins d'une malice subtile, avaient cherché en vain à le confondre et à
l'accabler. Il s'était tenu debout, revêtu d'une majesté divine, comme Fils de
Dieu. Maintenant Il était semblable à un roseau battu et ployé par une violente
tempête. Il S'était approché de la consommation de Son oeuvre en conquérant,
remportant à chaque pas une nouvelle victoire sur la puissance des ténèbres.
Comme s'Il eût été déjà glorifié, Il avait proclamé Son unité avec Dieu. Sa
voix, maintenant, dans le silence du soir, n'avait pas des accents de triomphe;
elle était pleine d'une angoisse toute humaine. Ces paroles du Sauveur
parvenaient aux oreilles des disciples assoupis : « Père, si tu le veux,
éloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ma volonté, mais que la tienne
soit faite. »
Les disciples auraient voulu aller vers Lui; mais Il leur avait dit de
demeurer là, veillant et priant. Quand Jésus revint à eux, Il les trouva de
nouveau endormis. Il ressentait un même besoin de compagnie; Il désirait
entendre de la part des disciples quelques paroles qui pussent Le soulager et
dissiper les ténèbres qui L'accablaient. Mais « leurs yeux étaient appesantis.
Ils ne savaient que Lui répondre. » Réveillés par Sa présence, ils virent Son
visage recouvert d'une sueur sanglante, et ils en furent tout effrayés. Ils ne
pouvaient comprendre Son angoisse. Il était un « sujet d'étonnement, tant son
visage était défait, méconnaissable; tant son aspect différait de celui des
autres hommes » (Ésaïe 52:14).
Jésus retourna vers Sa retraite, et vaincu par l'horreur de ténèbres
profondes, tomba à genoux. À cette heure de l'épreuve, l'humanité du Fils de
Dieu était tremblante. En ce moment, Il ne priait plus pour que la foi des
disciples ne défaillît point, mais pour Sa propre âme tentée et agonisante. Le
moment redoutable était arrivé où devait se décider la destinée du monde. Le
sort de l'humanité oscillait dans la balance. Le Christ pouvait encore refuser
de boire la coupe préparée pour l'homme coupable. Il n'était pas trop tard.
Jésus pouvait essuyer la sueur sanglante de Son visage et laisser périr l'homme
dans son iniquité. Il pouvait dire : Que le transgresseur subisse la peine de
son péché; moi, je retournerai vers mon Père. Le Fils de Dieu allait-Il consentir
à boire la coupe amère de l'humiliation et de l'agonie? L'innocent allait-Il
subir les conséquences de la malédiction du péché pour sauver le coupable? Les
lèvres pâles et tremblantes de Jésus murmurèrent ces paroles : « Mon Père, s'il
n'est pas possible que cette coupe s'éloigne sans que je la boive, que ta
volonté soit faite! »
Trois fois Il répéta cette prière. Par trois fois l'humanité de Jésus a
hésité devant le dernier sacrifice, le sacrifice suprême. Maintenant l'histoire
de la race humaine se présente à l'esprit du Rédempteur du monde. Il voit
qu'abandonnés à eux-mêmes les transgresseurs de la loi sont destinés à périr.
Il voit l'homme dans un état désespéré. Il aperçoit la puissance du péché. Le
malheur et les lamentations d'un monde condamné se dressent devant Lui. Sa
décision est prise. Il sauvera l'homme à n'importe quel prix. Il accepte le
baptême du sang, pourvu que des millions d'êtres humains obtiennent la vie
éternelle. Il a quitté les parvis célestes, où tout est pureté, bonheur,
gloire, pour sauver l'unique brebis perdue, le seul monde qui soit tombé dans
le péché. Il ne renoncera pas à Sa mission. Il deviendra une victime de
propitiation pour une race vouée au péché. Sa prière ne respire plus que la
soumission : « S'il n'est pas possible que cette coupe s'éloigne sans que je la
boive, que ta volonté soit faite! »
Ayant pris sa décision, Il tomba inanimé sur le sol d'où il avait essayé
de Se relever. Où étaient maintenant Ses disciples, qui eussent dû soutenir de
leurs mains le Maître défaillant et baigner Son visage à l'aspect si différent
de celui des autres hommes? Le Sauveur était seul à fouler au pressoir, et
personne parmi les siens n'était avec lui.
Mais Dieu partageait les souffrances de Son Fils. Les anges
contemplaient l'agonie du Sauveur, entouré de légions diaboliques et en proie à
un effroi mystérieux qui Le faisait frissonner. Le silence régnait dans le
ciel. Aucune harpe ne vibrait. Si les mortels avaient pu voir l'étonnement et
la douleur silencieuse de l'armée angélique alors que le Père retirait de Son
Fils bien-aimé Ses rayons de lumière, d'amour et de gloire, ils comprendraient
mieux combien le péché Lui est odieux.
Leçon de Jeudi, le 22
Janvier 2025
Chapitre 74
Gethsémané
Les mondes qui n'ont pas connu le péché et les anges du ciel ont assisté
avec un intérêt passionné à la fin du conflit. Satan et ses confédérés, les
légions de rebelles, ont également assisté avec le plus grand intérêt à cette
crise de l'oeuvre de la rédemption. Les puissances du bien et du mal
attendaient anxieusement la réponse de Dieu à la prière du Christ, trois fois
répétée. Des anges avaient désiré apporter un soulagement à cet Être divin qui
souffrait, mais cela ne pouvait se faire. Aucune issue ne s'ouvrait devant le
Fils de Dieu. Pourtant au plus fort de cette crise effroyable où tout était en
jeu, alors que la coupe mystérieuse tremblait dans la main de l'Homme de
douleur, les cieux s'ouvrirent enfin, une lumière resplendit à travers les
ténèbres de cette heure unique, et l'ange puissant qui occupe, en la présence
de Dieu, La position d'où Satan a été exclu, vint se placer à côté du Christ.
Cet ange ne venait pas pour enlever la coupe des mains du Christ, mais pour Le
fortifier, afin qu'Il pût la boire, en Lui donnant l'assurance de l'amour de
Son Père. Il venait pour donner des forces à l'Être divin et humain qui était
en prière. Il Lui montra le ciel ouvert et Lui parla des âmes qui seraient
sauvées par Ses souffrances. Il lui rappela que Son Père est plus puissant que
Satan, que Sa mort aurait pour effet la défaite totale de celui-ci et que le
royaume de ce monde serait donné aux saints du Très-Haut. Il lui dit qu'Il
pourrait contempler le fruit de Ses labeurs et qu'Il serait rassasié de joie en
voyant des multitudes d'êtres humains sauvés pour l'éternité.
L'agonie du Christ n'avait pas cessé, mais Il ne Se sentait plus
découragé. La tempête n'était pas apaisée, mais Il était assez fort pour y
résister. Il sortait de l'épreuve, calme et serein. Une paix céleste reposait
sur Son visage taché de sang. Il avait enduré ce qu'aucun être humain ne pourra
jamais endurer; car Il avait goûté les souffrances de la mort à la place de
tous les hommes.
Les disciples endormis avaient été subitement réveillés par la lumière
qui enveloppait le Sauveur. Ils virent l'ange penché sur leur Maître prosterné,
appuyer la tête du Sauveur sur sa poitrine et Lui montrer le ciel. Ils
entendirent sa voix, semblable à la plus douce musique, prononçant des paroles
de consolation et d'espérance. Les disciples se rappelèrent ce qui s'était
passé sur la montagne de la transfiguration, La gloire qui avait inondé Jésus
dans le temple, et la voix de Dieu qui s'était fait entendre, du sein de la
nue. Cette même gloire se manifestait à nouveau, dissipant toutes les craintes
qu'ils entretenaient au sujet de leur Maître. Il se trouvait sous la protection
divine; un ange puissant avait été envoyé pour Le garder. Les disciples fatigués
retombèrent sous la torpeur qui les accablait. Une fois encore, Jésus les
trouva endormis.
Les regardant avec tristesse, Il leur dit : « Dormez maintenant, et
reposez-vous! Voici, l'heure est proche où le Fils de l'homme va être livré aux
mains des pécheurs. »
En prononçant ces paroles, Il entendit déjà le bruit des pas de la
populace qui Le cherchait, et Il dit : « Levez-vous, allons; celui qui me livre
s'approche. Jésus ne montrait plus aucune trace d'agonie lorsqu'Il S'avança
au-devant du traître. Ayant distancé Ses disciples, Il demanda : « Qui
cherchez-vous? Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Il leur dit : C'est
moi. » À cet instant l'ange qui était venu à Son secours se plaça entre Lui et
la foule. Une lumière divine éclairait le visage du Sauveur et une forme de
colombe le recouvrait. La foule sanguinaire ne pouvait supporter la présence de
cette gloire. Tous reculèrent. Prêtres, anciens, soldats, Judas lui-même,
tombèrent à terre, comme morts.
L'ange se retira et la lumière s'évanouit. Jésus avait l'occasion de
s'enfuir, mais Il resta calme et maître de Lui-même. Il Se tenait, glorifié, au
milieu de cette bande endurcie, étendue sans force à Ses pieds. Les disciples
regardaient, muets de saisissement et d'épouvante.
Soudain la scène changea d'aspect. La foule se releva. Les soldats
romains, Les prêtres, avec Judas, se rassemblèrent autour du Christ. Ils
paraissaient honteux de leur faiblesse, et craignaient que Jésus ne voulût
s'échapper. Le Rédempteur renouvela Sa question : « Qui cherchez-vous? » Tout
prouvait que Celui qui Se tenait devant eux était le Fils de Dieu, mais ils ne
voulaient pas Se laisser convaincre. Ils répondirent encore une fois : « JÉsus
de Nazareth. » Alors Jésus reprit : « Je vous ai dit que c'est moi. Si donc
c'est moi que vous cherchez, laissez partir ceux-ci », et ce disant Il montrait
les disciples. Sachant combien leur foi était faible, Il S'efforçait de leur
épargner la tentation et l'épreuve. Il était prêt à Se sacrifier pour eux.
Judas n'oublia pas son rôle de traître. C'est lui qui, suivi de près par
le souverain sacrificateur, avait introduit la foule dans le jardin. Il avait
donné ce signe à ceux qui poursuivaient Jésus : « Celui a qui je donnerai un
baiser, c'est lui : saisissez-le. » (Matthieu 26:48) Maintenant il feignait de
ne rien avoir de commun avec eux. S'approchant de Jésus, il Lui prend
familièrement la main, comme un ami. Il Le baise plusieurs fois en lui disant :
« Salut, Rabbi! » et il simule pleurer de sympathie pour lui, dans le danger.
Jésus lui dit : « Ami, ce que tu es venu faire, fais-le. » Et Sa voix
vibrait de douleur, tandis qu'Il ajoutait : « Judas, c'est par un baiser que tu
livres le Fils de l'homme! » Un tel appel aurait dû réveiller la conscience du
traître, toucher son coeur obstiné; mais tout sentiment d'honneur, de loyauté,
et de tendresse humaine l'avait abandonné. Il se montrait hardi, avec un air de
défi, ne manifestant aucune disposition à revenir en arrière. Il s'était donné
à Satan, et n'avait plus de force pour lui résister. Jésus ne refusa pas le
baiser du traître.
La foule s'enhardit quand elle vit que Judas osait toucher la personne
de Celui qui venait de Se montrer glorifié à leurs yeux. On se saisit alors de
Jésus, et on se mit en devoir de lier ces mains qui avaient été sans cesse
occupées à faire du bien.
Les disciples s'étaient imaginé que le Maître ne Se laisserait pas
prendre. Ils pensaient que la puissance qui avait jeté à terre ces gens pouvait
les y maintenir jusqu'à ce que Jésus et ses compagnons se fussent mis en
sûreté. Ils éprouvèrent du désappointement et de l'indignation quand on apporta
des cordes pour lier les mains de Celui qu'ils aimaient. Saisi de colère,
Pierre tira brusquement son épée et voulut défendre son Maître, mais il ne
réussit qu'à couper une oreille au serviteur du souverain sacrificateur. À
cette vue Jésus dégagea Ses mains, bien qu'elles fussent fermement tenues par
les soldats romains, et Il leur dit : « Tenez-vous en là! » Il toucha l'oreille
blessée, et la guérit à l'instant même. Ensuite Il dit à Pierre : « Remets ton
épée à sa place; car tous ceux qui prendront l'épée périront par l'épée.
Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père, qui me donnerait à l'instant
plus de douze légions d'anges? » – une légion pour chacun des disciples.
Pourquoi, pensaient les disciples, ne
Se sauve-t-Il pas Lui-même et nous avec Lui? Pour répondre à cette
pensée cachée, Jésus ajouta : « Comment donc s'accompliraient les Écritures
d'après lesquelles il doit en être ainsi? » « La coupe que le Père m'a donnée,
ne la boirai-je pas? »
La dignité officielle dont étaient revêtus les conducteurs juifs ne les
avait pas empêchés de se joindre à ceux qui poursuivaient Jésus. Son
arrestation était une affaire trop importante pour être confiée à des
subordonnés; ces prêtres et ces anciens rusés accompagnaient la police du
temple et la racaille qui suivait Judas, à Gethsémané. Quelle société pour ces
dignitaires : – une tourbe avide de sensations et pourvue de tout l'attirail
nécessaire à la capture d'une bête sauvage!
Se tournant vers les prêtres et les anciens, le Christ fixa sur eux Son
regard pénétrant. Ils ne devaient jamais oublier, aussi longtemps qu'ils
vivraient, les paroles qu'Il prononça à cette occasion. Ses paroles étaient les
flèches acérées du Tout-Puissant. Il leur dit avec dignité : « Vous êtes venus
comme après un brigand, avec des épées et des bâtons, pour vous emparer de moi.
J'étais tous les jours parmi vous, j'enseignais dans le temple, et vous ne vous
êtes pas saisis de moi. » La nuit convient mieux à votre oeuvre. « Mais c'est
ici votre heure et le pouvoir des ténèbres. »
La terreur s'empara des disciples quand ils virent que Jésus Se laissait
prendre et lier. Ils étaient scandalisés de ce qu'il tolérait que cette
humiliation fût infligée à lui-même et à eux. Ils ne pouvaient comprendre sa
conduite, sa passivité devant la foule qui le maltraitait. Dominés par
l'indignation et la peur, ils suivirent le conseil de Pierre, qui leur proposa
de songer à leur propre salut. « Alors tous L'abandonnèrent et prirent la
fuite. » Le Christ avait annoncé cette désertion. « Voici, l'heure vient,
avait-il dit, et même elle est venue, où vous serez dispersés chacun de son
côté, et où vous me laisserez seul; mais je ne suis pas seul, car le Père est
avec moi. » (Jean 16:32).
Leçon de Vendredi, le 23
Janvier 2025
Chapitre 75
Devant Anne et devant Caïphe
On poussa Jésus de l'autre côté du torrent du Cédron, par-delà les
jardins et les bosquets d'oliviers, à travers les rues silencieuses de la ville
endormie. Il était plus de minuit, et les cris de la foule qui le suivait en le
huant rompaient brusquement le silence nocturne. Le Sauveur, étroitement lié et
gardé, s'avançait avec peine. Ceux qui l'avaient arrêté le conduisirent, en
toute hâte, au palais d'Anne (Ce chapitre est basé sur Matthieu 26:57-75; 27:1;
Marc 14:53-72; 15:1; Luc 22:54-71; Jean 18:13-27), qui avait précédé Caïphe
dans l'office du souverain sacrificateur.
Anne était à la tête du sacerdoce, et, par déférence pour son âge, on
lui accordait les honneurs dus au grand prêtre. On recherchait ses conseils et
on les suivait comme la voix de Dieu. C'est à lui qu'on voulut, en tout premier
lieu, montrer Jésus, captif du pouvoir sacerdotal. On voulait qu'il assistât à
l'interrogatoire du prisonnier, car on craignait que Caïphe, moins expérimenté,
ne réussît pas à atteindre le but qu'on se proposait; l'habileté, la ruse et la
finesse d'Anne étaient nécessaires pour obtenir à tout prix la condamnation du
Christ.
Jésus devait paraître devant le sanhédrin; mais Il fut d'abord soumis à
un examen préliminaire, en présence d'Anne. La domination romaine ne laissait
pas au sanhédrin la faculté d'exécuter les condamnations à mort. On ne pouvait
qu'examiner le prisonnier et prononcer sur lui une sentence soumise ensuite à
la ratification des autorités romaines. Il fallait donc mettre au compte du
Christ des actes qui fussent considérés comme des délits par les Romains, et,
en même temps, trouver une accusation qui justifiât Sa condamnation aux yeux
des Juifs. Un bon nombre de prêtres et d'anciens avaient été convaincus par
l'enseignement du Christ, et seule la crainte de l'excommunication les
empêchait de Le confesser. Les prêtres se rappelaient fort bien la question de
Nicodème : « Notre loi juge-t-elle un homme avant qu'on l'ait entendu et qu'on
sache ce qu'il a fait ? » (Jean 7:51) Cette question avait suffi, à ce
moment-là, pour mettre la division dans le conseil et pour déjouer le plan
échafaudé. Joseph d'Arimathée et Nicodème ne devaient pas être convoqués cette
fois-ci, mais il pouvait s'en trouver d'autres qui oseraient parler en faveur
de la justice. Le procès devait être dirigé de manière à rallier tous les
membres du sanhédrin contre le Christ. Les prêtres désiraient surtout maintenir
deux chefs d'accusation. Si l'on pouvait démontrer que Jésus était un
blasphémateur, Il serait condamné par les Juifs. Si l'on pouvait le convaincre
de sédition, on obtiendrait Sa condamnation par les Romains. Anne s'efforça
d'abord d'établir la seconde accusation. Il interrogea Jésus au sujet de Ses
disciples et de Sa doctrine, dans l'espoir que le prisonnier serait amené à
dire quelque chose qui lui offrit une prise. Il espérait le faire avouer qu'Il
s'efforçait de fonder une société secrète dont le but était d'établir un
nouveau royaume. Ainsi les prêtres pourraient le livrer aux Romains, comme
coupable d'avoir troublé la paix et fomenté l'insurrection.
Le Christ lisait ce dessein dans l'âme du prêtre comme dans un livre
ouvert. Découvrant la pensée la plus intime de celui qui L'interrogeait, Il nia
qu'un pacte occulte le liât à Ses disciples ou qu'Il les réunît secrètement,
dans les ténèbres, pour dissimuler Ses intentions; celles-ci et Ses doctrines
n'avaient rien de mystérieux. « J'ai parlé ouvertement au monde, dit-il ; j'ai
toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs
s'assemblent, et je n'ai parlé de rien en secret. »
Le Sauveur fit ressortir le contraste existant entre sa manière de
travailler et les méthodes employées par Ses accusateurs. Des mois durant ils
l'avaient poursuivi, cherchant à Le prendre au piège et à L'amener devant un
tribunal secret où ils obtiendraient par un parjure ce qu'ils n'obtenaient pas
par des moyens honnêtes. Maintenant ils réalisaient leur dessein. Le faire
saisir de nuit par une troupe, L'accabler de moqueries et de mauvais
traitements avant qu'il eût été condamné ni même accusé, voilà leur
comportement, qui différait du sien. Leur manière d'agir constituait une
violation de la loi. Leurs propres règlements demandaient que tout homme fût
traité en innocent aussi longtemps que sa culpabilité n'avait pas été établie.
Ces règlements condamnaient donc les prêtres.
S'adressant à son examinateur, Jésus dit : « Pourquoi m'interroges-tu? »
Les prêtres et les anciens n'avaient-ils pas envoyé des espions pour surveiller
Ses mouvements et rapporter chacune de Ses paroles? Ces hommes n'avaient-ils
pas été présents toutes les fois que le peuple s'était assemblé, et
n'avaient-ils pas renseigné les prêtres sur tout ce qu'Il disait et faisait? «
Demande à ceux qui m'ont entendu de quoi je leur ai parlé; voici, ils savent,
eux, ce que moi j'ai dit. »
Anne fut réduit au silence par cette réponse si catégorique. Il
craignait que le Christ ne révélât, au sujet de sa conduite, quelque chose
qu'il préférait garder caché : c'est pourquoi il ne Lui dit rien de plus, à
cette occasion. Rempli de colère, en voyant qu'Anne avait eu la bouche fermée,
l'un de ses agents frappa Jésus au visage, en lui disant : « Est-ce ainsi que
tu réponds au grand prêtre? »
Le Christ répondit : « Si j'ai mal parlé, prouve ce qu'il y a de mal; et
si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu? » Il ne laissa échapper aucune
parole de vengeance. Sa réponse, empreinte du plus grand calme, venait d'un
coeur sans péché, qui ne se laissait pas emporter par la colère.
Le Christ était très sensible aux mauvais traitements et aux injures.
Aucun outrage ne Lui était épargné par des êtres qu'Il avait créés et en faveur
desquels Il avait consenti un sacrifice infini. Il souffrait en proportion de
Sa sainteté et de Sa haine à l'égard du péché. C'était pour Lui un grand
sacrifice que d'être questionné par des hommes qui Le traitaient en ennemi, et
il Lui répugnait de Se sentir entouré d'êtres humains dominés par Satan. Il
savait que par la puissance divine Il aurait pu renverser dans la poussière
ceux qui Le tourmentaient. Et cette connaissance ne faisait que rendre Son
épreuve plus dure.
Les Juifs attendaient un Messie qui se manifesterait avec un éclat
extérieur, et qui, par un acte de volonté souveraine, modifierait le cours des
pensées humaines et contraindrait les hommes à reconnaître Sa suprématie. De
cette manière, pensaient-ils, Il S'élèverait au-dessus de tous et réaliserait
leurs espoirs ambitieux. Le Christ était donc fortement tenté, sous le fouet du
mépris, de manifester Son caractère divin. Un mot, un regard de Lui, pouvait
contraindre Ses persécuteurs à reconnaître le Seigneur des rois et des
gouverneurs, des prêtres et du temple. Il Lui était difficile de rester dans la
position qu'Il avait choisie en s'identifiant avec l'humanité.
Les anges du ciel observaient tout ce qui se faisait contre leur
bien-aimé Chef. Ils désiraient ardemment Le délivrer. Les anges, aux ordres de
Dieu, sont tout-puissants; en une certaine occasion, commandés par le Christ,
ils avaient fait mourir cent quatre-vingt-cinq mille hommes de l'armée
assyrienne. Il eût été facile à ces anges, témoins des scènes honteuses qui
accompagnaient le procès du Christ, de manifester leur indignation en consumant
les ennemis de Dieu, mais aucun ordre de ce genre ne leur fut donné. Celui qui
pouvait exterminer Ses ennemis préférait supporter leur cruauté. L'amour qu'Il
avait pour Son Père et le souvenir de l'engagement pris, dès avant la fondation
du monde, de porter les péchés de l'humanité, Lui faisaient accepter, sans se plaindre,
les grossièretés de ceux qu'Il était venu sauver. Il considérait comme une
partie de Sa mission d'endurer, dans Son humanité, toutes les injures et tous
les mauvais traitements. L'espérance de l'humanité reposait sur ha soumission
du Christ à tout ce que des mains et des coeurs d'hommes Lui feraient subir.
Leçon de Samedi,
le 24 Janvier 2025
Chapitre 75
Devant Anne
et devant Caïphe
Bien que le Christ n'eût fourni aucun prétexte à Ses accusateurs, Il
était lié et faisait figure de condamné. Il fallait, cependant, sauver au moins
les apparences de la justice, respecter les formes d'un procès conduit d'après
les règles. Les autorités, décidées à faire vite, savaient de quelle estime
Jésus jouissait auprès du peuple, et elles craignaient qu'une tentative fût
faite pour Le délivrer, si la nouvelle de Son arrestation était ébruitée. De
plus, la célébration de la Pâque amènerait un délai d'une semaine si le procès
et l'exécution ne pouvaient avoir lieu immédiatement. Ainsi leur projet serait
frustré. Pour obtenir la condamnation de Jésus, on comptait surtout sur les
clameurs de la populace à laquelle se mêlait la racaille de Jérusalem. Un retard
d'une semaine amènerait peut-être un apaisement de l'effervescence et rendrait
possible une réaction. La meilleure partie du peuple pourrait alors prendre
parti pour le Christ, et plusieurs Lui apporteraient un témoignage favorable,
en faisant connaître ses oeuvres extraordinaires. Ceci aurait attiré sur le
sanhédrin l'indignation du peuple. On blâmerait alors les poursuites dont Jésus
avait été l'objet, et le Christ, remis en liberté, recevrait de nouveaux
hommages de la foule. Les prêtres et les principaux décidèrent donc de livrer
Jésus aux Romains avant que leur dessein ne fût rendu public.
Mais il fallait tout d'abord trouver un chef d'accusation. Jusqu'ici on
n'avait abouti à rien. Anne donna l'ordre de conduire Jésus auprès de Caïphe.
Celui-ci appartenait au parti des sadducéens, dont quelques-uns étaient les
ennemis les plus acharnés de Jésus. Caïphe, quoique manquant de force de
caractère, était aussi dur, aussi impitoyable et aussi dépourvu de scrupules
que ne l'était Anne. Il n'allait épargner aucun moyen pour supprimer Jésus.
C'était de très bonne heure, et il faisait encore sombre; éclairée par la
lumière des torches et des lanternes, la bande armée conduisit son prisonnier
au palais du souverain sacrificateur. Là, pendant que les membres du sanhédrin
s'assemblaient, Anne et Caïphe recommencèrent à interroger Jésus, mais sans
succès.
Quand le conseil se fut rassemblé dans la salle du tribunal, Caïphe prit
place sur le fauteuil présidentiel. À ses côtés se tenaient les juges et ceux
qui s'intéressaient plus particulièrement au procès. Des soldats romains
montaient la garde sur l'estrade au-dessous du siège au pied duquel se tenait
Jésus; tous les regards étaient fixés sur Lui. L'agitation était extrême.
Jésus, seul, calme et serein, paraissait entouré d'une atmosphère de sainte
influence.
Caïphe avait considéré Jésus comme un rival. L'empressement du peuple à
écouter le Sauveur et, au moins en apparence, à accepter Ses enseignements,
avait excité l'envie du souverain sacrificateur. Cependant, en regardant son
prisonnier, Caïphe ne pouvait, maintenant, s'empêcher d'admirer Son attitude
noble et digne, ni se dérober à la conviction que l'Homme qui se tenait devant
lui était de race divine. Mais, rejetant bientôt cette pensée, il demanda, sur
un ton moqueur et hautain, que Jésus accomplit devant Ses juges l'un de Ses
miracles puissants. Le Sauveur parut ne pas l'entendre. Les assistants ne
pouvaient s'empêcher d'établir une comparaison entre l'excitation et la malice
d'Anne et de Caïphe, et l'attitude douce et majestueuse de Jésus. La foule endurcie
se demandait si cet homme, à l'aspect d'un Dieu, devrait être condamné comme un
criminel.
Caïphe, s'étant rendu compte que les choses prenaient une tournure
favorable à Jésus, précipita le dénouement. Les ennemis de Jésus étaient très
perplexes. Ils étaient bien décidés à le faire condamner, mais comment y
arriver, c'est ce qu'ils ne savaient pas. Une partie des membres du conseil
était composée de pharisiens, l'autre de sadducéens. Une grande animosité
régnait entre eux; il y avait des sujets de controverse que l'on n'osait
aborder de crainte de susciter une querelle. Il eût suffi à Jésus de quelques
mots pour éveiller les préjugés qu'ils nourrissaient les uns envers les autres
et pour détourner leur colère de Sa personne. Caïphe le savait et il tenait à
éviter toute dispute. Il ne manquait pas de témoins pour dire que le Christ
avait dénoncé les prêtres et les scribes, les accusant d'hypocrisie et de
meurtre, mais il ne convenait pas d'exploiter ce témoignage. En effet, les
sadducéens avaient usé du même langage à l'endroit des pharisiens à l'occasion
de leurs violents débats. D'ailleurs un tel témoignage ne serait d'aucun poids
auprès des Romains, qui n'éprouveraient que dégoût pour les prétentions des
pharisiens. Il était évident que Jésus avait méconnu les traditions des Juifs
et parlé d'une manière irrespectueuse de plusieurs de leurs ordonnances; mais,
sans compter que les pharisiens et les sadducéens étaient en conflit au sujet
de la tradition, ceci ne serait d'aucun poids à l'égard des Romains. Les
ennemis du Christ n'osaient pas l'accuser d'avoir violé le sabbat, de crainte
qu'une enquête ne révélât le caractère de Son oeuvre. Si Ses miracles de
guérison étaient mis en lumière, les prêtres obtiendraient l'effet opposé à
celui cherché.
On avait acheté de faux témoins pour accuser Jésus d'avoir provoqué des
rébellions et de s'être efforcé d'établir un gouvernement indépendant; mais
pressés de questions, ils durent se rétracter, leurs témoignages étant vagues
et contradictoires.
Dans les commencements de Son ministère, le Christ avait dit : «
Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. » Dans ce langage
prophétique figuré, Il avait annoncé Sa mort et Sa résurrection. « Il parlait
du temple de son corps. » (Jean 2:19,21) Les Juifs, donnant à ces paroles un
sens littéral, les avaient appliquées au temple de Jérusalem. C'était la seule
chose, parmi toutes les déclarations du Christ, dont les prêtres pussent se
servir contre Lui. Ils espéraient obtenir un avantage en falsifiant cette
déclaration. Les Romains s'étaient intéressés à la reconstruction et à
l'embellissement du temple. Toute parole de mépris à son sujet provoquerait
donc leur orgueilleuse indignation. Sur ce terrain, les Romains et les Juifs,
les pharisiens et les sadducéens pouvaient se rencontrer, car tous professaient
la plus grande vénération pour le temple. On finit par trouver deux témoins qui
ne se contredisaient pas autant que leurs prédécesseurs. L'un d'eux, que l'on
avait corrompu à prix d'argent, porta cette accusation : « Cet homme a dit : Je
puis détruire le temple de Dieu et le rebâtir en trois jours. » C'était altérer
les paroles du Christ. Si celles-ci avaient été rapportées fidèlement, elles
n'auraient pas obtenu du sanhédrin une sentence de condamnation. Si Jésus
n'était qu'un homme, comme le prétendaient les Juifs, une déclaration semblable
eût trahi une folle présomption sans qu'on pût la transformer en un blasphème.
Même sous la forme que lui donnaient les faux témoins, cette parole ne contenait
rien que les Romains pussent considérer comme un crime digne de mort.
Jésus, sans prononcer une seule parole pour Sa défense, écoutait
patiemment ces fausses dépositions. À la fin, Ses accusateurs, embarrassés,
confondus, devinrent furieux. Le procès n'avançait pas : leur complot
paraissait sur le point d'échouer. À Caïphe, désespéré, il ne restait plus
qu'une ressource : obliger le Christ à Se condamner Lui-même. Le grand prêtre
se leva de son siège, le visage décomposé par la passion; sa voix et son
maintien montraient assez qu'il aurait volontiers abattu le prisonnier qui Se
tenait devant lui. « Ne réponds-tu rien? s'écria-t-il. Qu'est-ce que ces gens
déposent contre toi? »
Jésus garda le silence. « Il est maltraité et il s'humilie : il n'ouvre
point la bouche. Comme l'agneau qu'on mène à la boucherie, comme la brebis
muette devant ceux qui la tondent, il n'a pas ouvert la bouche. » (Ésaïe 53:7)
Alors Caïphe, levant vers le ciel la main droite, s'adressa à Jésus avec
la plus grande solennité : « Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si
tu es le Christ, le Fils de Dieu. »
Leçon de Dimanche, le 25
Janvier 2025
Chapitre 75
Devant Anne et devant Caïphe
Devant un tel appel, le Christ ne pouvait plus se taire. S'il y a un
temps pour se taire, il y a aussi un temps pour parler. Il n'avait pas parlé
tant qu'Il n'avait pas été pris à partie directement. Il savait qu'une réponse
donnée maintenant rendrait sa mort certaine. Mais l'appel venant de la plus
haute autorité reconnue par la nation, et fait au nom du Très-Haut, le Christ
ne voulut pas manquer au respect dû à la loi. D'autre part Sa relation avec le
Père était en question. Il devait donc attester clairement Son caractère et Sa
mission. Jésus avait dit aux disciples : « Quiconque me confessera devant les
hommes, je le confesserai, moi aussi, devant mon Père qui est dans les cieux. »
(Matthieu 10:32) Il voulut, à cette heure, confirmer cet enseignement par Son
propre exemple. Toutes les oreilles étaient tendues, et tous les yeux étaient
fixés sur Son visage tandis qu'Il répondait : « Tu l'as dit. » Une lumière
céleste parut éclairer Sa figure lorsqu'Il ajouta : « De plus, je vous le
déclare, vous verrez désormais le Fils de l'homme assis à la droite de la
Puissance de Dieu et venant sur les nuées du ciel. »
Un instant la divinité du Christ éclata à travers le déguisement de Son
humanité. Le souverain sacrificateur trembla devant le regard pénétrant du
Sauveur. Ce regard semblait lire ses pensées secrètes et mettait son coeur en
feu. Il ne put jamais oublier, par la suite, ce regard inquisiteur du Fils de
Dieu persécuté.
« Vous verrez désormais le Fils de l'homme assis à la droite de la
Puissance de Dieu et venant sur les nuées du ciel », déclara Jésus. Dans ce
tableau tracé par ces paroles du Christ les rôles seront intervertis. Alors, le
Seigneur de la vie et de la gloire sera assis à la droite de Dieu. Il sera le
Juge de toute la terre; Ses décisions seront sans appel. Toutes les choses
secrètes seront alors amenées à la lumière de la face de Dieu, et chacun sera
jugé selon ses oeuvres. Ces paroles du Christ firent frémir le souverain
sacrificateur. La pensée qu'il pût y avoir une résurrection des morts, quand
tous comparaîtraient à la barre de Dieu pour recevoir leur rétribution,
remplissait Caïphe de terreur. Il n'aimait pas à penser qu'un moment viendrait
où il aurait à rendre compte de ses oeuvres. Les scènes du jugement final
s'offrirent à son esprit comme dans un panorama. Il eut un instant le spectacle
effroyable des sépulcres rendant leurs morts avec les secrets qu'il imaginait
enterrés pour toujours. Il se crut devant le Juge éternel, dont le regard, qui
voit toutes choses, lisait dans son âme, faisant jaillir à la lumière des
mystères qu'il supposait ensevelis éternellement avec les morts.
Mais bientôt cette scène s'effaça de son esprit. Le sadducéen, qui avait
nié la doctrine de la résurrection, du jugement et de la vie future, était
blessé au vif; une fureur satanique l'emportait. Cet Homme, qui Se tenait
devant lui, dans l'attitude d'un prisonnier, allait-Il S'attaquer à ses
théories les plus chères? Feignant une indignation sacrée, il déchira sa robe
et demanda que le prisonnier fût, sans autre forme de procès, condamné comme
blasphémateur. « Qu'avons-nous encore besoin de témoins? dit-il. Vous venez
d'entendre le blasphème. Qu'en pensez-vous? Tous furent d'accord pour le
condamner.
La conviction qui s'était emparée de lui, mêlée à la passion, détermina
la conduite de Caïphe. Furieux de ne pouvoir s'empêcher de croire aux paroles
du Christ, au lieu de déchirer son coeur sous l'impression produite par la
vérité et de confesser la messianité de Jésus, il déchira sa robe sacerdotale,
décidé à résister. Ce geste revêtait une signification profonde. Par cet acte,
qui visait à influencer les juges et assurer la condamnation du Christ, le
souverain sacrificateur s'est condamné lui-même. Au regard de la loi de Dieu il
s'était disqualifié en vue du sacerdoce. Il avait prononcé une sentence de mort
sur lui-même.
Le souverain sacrificateur ne devait pas déchirer ses vêtements. La loi
lévitique le lui défendait sous peine de mort. Aucune circonstance, aucune
occasion, n'autorisait un prêtre à déchirer sa robe. Les Juifs avaient la
coutume de déchirer leurs vêtements à la mort de leur amis, mais il était
interdit au prêtre de se conformer à cet usage. Le Christ avait donné à Moïse
un commandement positif à cet égard (Lévitique 10:6).
Tout ce que le prêtre portait devait être entier et sans tache. Ses
beaux vêtements officiels représentaient le caractère de Jésus-Christ, le grand
Antitype. Dieu ne pouvait rien accepter qui ne fût parfait, soit dans le
vêtement et l'attitude, soit en paroles et en esprit. Il est saint, et le
service terrestre devait donner une idée de Sa gloire et de Sa perfection. La
sainteté du service céleste ne pouvait être représentée convenablement par quoi
que ce soit qui ne fût parfait. L'homme borné peut déchirer son propre coeur
pour montrer un esprit humble et contrit. Dieu apprécie cela. Mais aucune
déchirure ne devait être faite aux vêtements sacerdotaux, car cela eût faussé
la représentation des choses célestes. Le souverain sacrificateur qui eût osé
paraître, dans l'exercice de ses fonctions sacrées, et vaquer au service du
sanctuaire avec une robe déchirée, eût été considéré comme ayant rompu avec
Dieu. En déchirant son vêtement il perdait son caractère représentatif et
cessait d'être accepté par Dieu en qualité de prêtre officiant. La conduite de
Caïphe était donc le fruit d'une passion humaine et révélait l'imperfection de
son caractère.
En déchirant ses vêtements, Caïphe anéantissait la loi de Dieu, au
profit d'une tradition humaine. Une loi établie par les hommes permettait, en
effet, au prêtre qui avait entendu un blasphème, de déchirer impunément son
vêtement pour montrer son horreur. Ainsi les lois humaines avaient supplanté la
loi divine.
La curiosité du peuple s'attachait aux moindres actes du souverain
sacrificateur; et Caïphe visait à l'effet en faisant étalage de piété. Mais,
par cet acte, dirigé contre le Christ, il injuriait Celui dont Dieu a dit : «
Mon nom est en lui » (Exode 23:21). C'est lui qui se rendait coupable de
blasphème. Et au moment même où il était l'objet de la condamnation divine, il
condamnait le Christ comme blasphémateur.
En déchirant son vêtement, Caïphe annonçait, sans le vouloir, quelle
serait désormais la position de la nation juive à l'égard de Dieu. Le peuple,
jusque-là l'élu de Dieu, rompait avec Lui, et Jéhovah allait bientôt cesser de
le reconnaître. Quand le Christ s'écria sur la croix : « Tout est accompli. »
(Jean 19:30), et que le voile du temple se déchira en deux, Celui qui veille du
haut des cieux annonça que le peuple juif avait rejeté l'Antitype vers lequel
convergeaient tous les symboles, toutes les figures de leur culte. Israël avait
consommé sa rupture avec Dieu. Caïphe pouvait bien déchirer sa robe officielle,
qui attestait sa prétention à représenter le grand Souverain Sacrificateur; en
effet, ce vêtement n'avait plus aucune signification ni pour lui ni pour le
peuple. Le souverain sacrificateur pouvait bien exprimer l'horreur qu'il
éprouvait pour lui-même et pour la nation en déchirant son vêtement.
Le sanhédrin avait déclaré que Jésus était digne de mort; cependant la
loi juive ne permettait pas de juger un prisonnier, de nuit. Une condamnation
légale ne pouvait avoir lieu qu'à la lumière du jour et dans une séance
plénière du conseil. Malgré cela le Sauveur fut traité comme un criminel,
condamné et livré aux mauvais traitements des êtres les plus vils. Les soldats
et la foule s'étaient rassemblés dans la cour du palais du souverain
sacrificateur. à travers cette foule, Jésus fut conduit dans la loge du corps
de garde, tandis que de tous côtés on se moquait de son titre de Fils de Dieu.
On tournait en dérision les paroles dont Il S'était servi, « assis à la droite
de la Puissance de Dieu et venant sur les nuées du ciel ». Tandis qu'Il
attendait, là, le jugement légal, Il n'était l'objet d'aucune protection. La
tourbe ignorante, qui avait vu avec quelle sévérité Il avait été traité dans le
conseil, en profita pour déchaîner tous les éléments diaboliques de sa nature.
La noblesse du Christ et Son aspect divin ne faisaient qu'exciter la fureur de
ces misérables. Sa douceur, Son innocence, Sa patience majestueuse leur
inspiraient une haine démoniaque. La miséricorde et la justice étaient foulées
aux pieds. Aucun criminel n'a jamais été traité avec autant d'inhumanité que le
Fils de Dieu.
Mais une douleur plus vive déchirait le coeur de Jésus; ce ne fut pas
une main ennemie qui Lui porta le coup le plus sensible. Tandis qu'Il subissait
les apparences d'un interrogatoire devant Caïphe, le Christ avait été renié par
l'un de Ses disciples.
Après avoir abandonné leur Maître dans le jardin, deux des disciples
s'étaient enhardis à suivre, à quelque distance, la cohue qui entraînait Jésus.
C'étaient Pierre et Jean. Jean était bien connu des prêtres en tant que
disciple de Jésus, et on l'introduisit dans la salle. On espérait qu'après
avoir été témoin de l'humiliation de son chef, il ne pourrait plus croire à Sa
divinité. Grâce à une démarche de Jean, Pierre put entrer, lui aussi.
Un feu avait été allumé dans la cour, car c'était l'heure la plus froide
de la nuit, celle qui précède immédiatement le lever du soleil. Un groupe se
tenait autour du feu, et Pierre eut la présomption d'y prendre place. Il ne
désirait pas qu'on le reconnût; en se mêlant à la foule d'un air indifférent,
il espérait être pris pour l'un de ceux qui avaient amené Jésus dans la salle.
Mais tandis que la lumière de la flamme éclairait le visage de Pierre, la portière l'examinait avec la plus vive curiosité; elle l'avait vu entrer avec Jean, et ayant remarqué son regard abattu elle supposa que c'était un disciple de Jésus. Comme elle était au service de Caïphe, elle désirait éclaircir ses soupçons et demanda à Pierre : « Toi aussi, n'es-tu pas des disciples de cet homme? Pierre éprouva de la crainte et de la confusion. À l'instant tous les yeux se fixèrent sur lui. Bien qu'il assurât ne pas comprendre, la femme insista, disant aux personnes présentes que cet homme-là avait été vu avec Jésus. Pierre dut répondre, et il dit avec colère : « Femme, je ne le connais pas. » C'était le premier reniement, et immédiatement le coq chanta. Ô Pierre! tu as déjà honte de ton Maître? Et tu renies ton Seigneur! (Leçon de l’École du sabbat du 30 Mars 2025 porte sur le livre “JESUS-CHRIST » d’Ellen G. White)
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Ainsi
dit l'Éternel le Chef de l'armée
« L'Éternel m'adressa la parole, et il dit: Écris la prophétie: Grave-la sur des tables, afin qu'on la lise couramment. Car c'est une prophétie dont le temps est déjà fixé, elle marche vers son terme, et elle ne mentira pas; si elle tarde, attends-la, car elle s'accomplira, elle s'accomplira certainement. Voici, son âme s'est enflée, elle n'est pas droite en lui; Mais le juste vivra par sa foi. » Habacuc 2 : 1-4
Une
nation sainte, une race élue
« Vous,
au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte,
un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a
appelés des ténèbres à son admirable lumière. » 1 Pierre 2: 9
On
est soit de l'Église, soit du monde
«
Sur la terre, il n'y a que deux classes : l'Église et le monde. Mais quand
l'Église fait une alliance avec le monde, que ce soit formellement ou bien en
adoptant les méthodes et les principes du monde, il n'existe qu'une seule
classe : le monde. Cependant, par la grâce de Dieu, il y a toujours eu quelques
fidèles, même aux époques de grande apostasie. » Leçon de l'École du Sabbat
(2011-2012), l'Alliance Éternelle, p.549
Que
le livre de la loi ne s'éloigne point de ta bouche
« Nul
ne tiendra devant toi, tant que tu vivras. Je serai avec toi, comme j'ai été
avec Moïse; je ne te délaisserai point, je ne t'abandonnerai point.
Fortifie-toi et prends courage, car c'est toi qui mettras ce peuple en
possession du pays que j'ai juré à leurs pères de leur donner. Fortifie-toi
seulement et aie bon courage, en agissant fidèlement selon toute la loi que
Moïse, mon serviteur, t'a prescrite; ne t'en détourne ni à droite ni à gauche,
afin de réussir dans tout ce que tu entreprendras. Que ce livre de la loi ne
s'éloigne point de ta bouche; médite-le jour et nuit, pour agir fidèlement
selon tout ce qui y est écrit; car c'est alors que tu auras du succès dans tes
entreprises, c'est alors que tu réussiras. Ne t'ai-je pas donné cet ordre:
Fortifie-toi et prends courage? Ne t'effraie point et ne t'épouvante point, car
l'Éternel, ton Dieu, est avec toi dans tout ce que tu entreprendras. »
Josué 1 : 5-9
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